Karima KERKOUB : « Nous faisons un boulot important sur le territoire ».

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Nous faisons un boulot important sur le territoire.
Karima KERKOUB : "Nous faisons un boulot important sur le territoire." Photo/JFT

“Je m’appelle Karima Kerkoub et je suis responsable des projets du pôle éducatif à l’association Les Quatre Chemins à la Paillade. En ce moment, il règne un climat particulier. Au niveau des associations actuellement, il n’y a plus rien. Nous avons un jardin partagé et faisons du soutien scolaire pour les enfants. Nous avons dû tout arrêter à cause de la crise sanitaire et du reconfinement.      

Cependant, nous continuons quelques tutorats par visio-conférence, mais c’est pas évident. De temps en temps, je retourne à l’association pour entretenir notre jardin mais sans le public habituel. C’est dommage, mais nous préférons ne pas prendre de risque. On ne veut pas aller à l’encontre de la loi… Ce qui est vraiment dommage en fait, c’est l’arrêt forcé du soutien scolaire en présentiel. Nos jeunes en ont vraiment besoin. Surtout, ceux qui ont décroché. Et puis, ce reconfinement a coupé le lien entre les associations et les habitants du quartier. Ils auraient pu nous laisser continuer le travail avec la population en prenant des précautions. Là, le milieu associatif en est pénalisé. Moi, qui suis engagée depuis quatre ans dans cette association, je suis déçue d’arrêter comme çà. Pour tout le monde, psychologiquement c’est compliqué. S’ajoute à cela l’insécurité. La priorité , c’est donner aux structures associatives plus de moyens pour évoluer. Les jeunes notamment ont besoin d’encadrement. Je pense qu’il faut nommer plus de médiateurs sociaux dans les quartiers prioritaires comme ici.

Après la fusillade de novembre dernier, par exemple, les institutions se sont regroupées pour débattre de la situation à la Paillade. Mais on aurait dû convier toutes les associations et non pas seulement quelques unes.

D’autant plus que nous faisons un boulot important sur le territoire. Il faut se regrouper, s’unir. Je sais de quoi je parle. J’ai, moi-même, grandi dans un quartier populaire encore plus difficile qu’à la Paillade.

Franchement, je compte aussi sur le nouveau maire de la Ville pour améliorer les quartiers. La nouvelle municipalité a des projets pour la Paillade. Dans un premier temps, la Tour d’Assas sera détruite, le bas de la cité sera réaménagé. Montpellier (La Paillade) fait aussi partie des 80 territoires français labellisés “Cité éducative” décidés par le gouvernement (cent millions d’euros ont été débloqués, NDLR, source education.gouv).

Personnellement, je garde espoir. Il faut attendre que ce confinement se termine. On va ensuite reprendre petit à petit nos activités. Nous voulons y croire. Les choses vont avancer. On sait qu’un jour cela reviendra à la normale…”